• Post category:Actualités
  • Publication publiée :31 mai 2026

Hier, après la randonnée à Montmorency, j’étais émue en quittant le groupe à la Gare du Nord. Émue par cette journée, par les partages, par la convivialité, par les liens qui se sont créés avec le temps, émue du chemin parcouru depuis la création de Semelles et gamelles en 2018.

Quand je regarde en arrière, je trouve ça chouette, je trouve ça beau, tout ce qui s’est construit autour de ce projet, tout ce que j’y ai insufflé et tout ce qui m’a échappé. Dire qu’on ne fait que marcher serait réducteur. Les sorties offrent des moments pour se détendre, pour papoter, pour se rencontrer, pour découvrir la nature près de chez soi. Il y a plein de choses que je n’avais pas envisagées au départ. Le projet a évolué bien au-delà de ce que j’avais imaginé.

Alors, hier, en quittant le petit groupe, j’étais émue. J’étais émue parce que je m’éloigne encore un peu plus de la région parisienne. Le rythme des randonnées Semelles et gamelles a diminué l’année dernière depuis que je suis partie marcher sans date de retour ( > Prendre l’air). Je suis repassée occasionnellement en Île-de-France. Maintenant, ce sont mes affaires qui déménagent. Je quitte cette vie citadine qui m’épuise.

J’ai compris que Paris m’usait. Dans cette ville, je me suis sentie prisonnière, enfermée par le béton. J’ai suffoqué. J’ai souffert de son bruit, de sa foule et de sa pollution. J’ai souffert de ses logements trop petits et trop chers. J’ai souffert de ses transports bondés.

J’ai eu la chance de pouvoir décaler mon regard. C’était il y a plus de 10 ans. Je ne sais pas comment c’est venu… Un jour, j’ai arrêté de marcher uniquement pendant les vacances. J’ai marché ici, autour de chez moi. Week-ends et jours fériés, j’allais à la gare et je prenais un transilien dès que je pouvais. M’échapper de la ville était à portée de train.

Petit à petit, mon rapport au territoire s’est transformé, je l’ai observé et ressenti différemment. La bouffée d’air de la première fois ne m’a jamais quittée et j’ai voulu la partager. C’est ainsi qu’est né Semelles et gamelles. D’un changement de perspective. Au final, j’ai marché plus de 3000 kilomètres en Île-de-France seule ou accompagnée. J’ai organisé plus de 150 sorties, j’ai fait des boucles et des tours (> 49 jours à pied près de chez moi), j’ai traversé la région de part en part, j’ai quitté Paris à pied (> Prendre l’air). J’ai marché dans les campagnes, j’ai dormi dans les forêts, j’ai arpenté les villes et les villages franciliens. Aujourd’hui, je dirai que c’est une région de contrastes, de connexions et de fractures, sensible et brutale, excessive et fascinante.

Mes cartons sont prêts et je pars. Bientôt, je m’éloignerai physiquement de l’Île-de-France mais je sais que j’y resterai toujours attachée, intimement liée par ces milliers de kilomètres parcourus. Alors hier, j’étais émue en quittant le groupe parce que j’ai pensé à tout ça. À tout ça et à tout ce que j’ai encore envie de partager.

Merci à tous et à toutes d’avoir fait grandir Semelles et gamelles. Merci pour votre fidélité, merci pour ces magnifiques moments passés ensemble.

À bientôt sur les chemins 😉
Je repasserai !
Anaïs

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